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Laser pour la myopie : LASIK, PRK et SMILE comparés

Trois façons de remodeler la cornée au laser : des résultats proches à un an, des différences qui comptent pour la récupération, la douleur et la sécheresse oculaire. Ce que disent les revues d’études.

Par la rédactionMis à jour le 11 min de lecture9 études et sources citéesTexte généré par IA
Illustration LASIK, PKR et SMILE retirent au centre de la cornée une fine couche de tissu pour l'aplatir. C'est la voie qui change : sous un volet soulevé, en surface après avoir retiré l'épithélium, ou en extrayant un lenticule par une petite incision.

Quand on commence à se renseigner sur le laser pour la myopie, on se heurte vite à une petite jungle de sigles : LASIK, PRK, SMILE. La question la plus recherchée est simple, « LASIK ou PRK ? », mais pour y répondre il faut comprendre ce qui change vraiment d’une technique à l’autre.

Toutes les trois modifient la courbure de la cornée, le dôme transparent situé à l’avant de l’œil, pour que les images viennent de nouveau se former nettes sur la rétine. Ce qui change, c’est le chemin pour atteindre le tissu à remodeler, et c’est de lui que dépendent la récupération, la douleur et certains risques. En Europe, la référence est constituée par les recommandations de l’European Society of Cataract and Refractive Surgeons (ESCRS), préparées par 18 ophtalmologistes qui ont évalué les preuves sur 52 questions cliniques1.

En bref

  • LASIK, PRK et SMILE corrigent la myopie et l’astigmatisme en changeant la courbure de la cornée ; elles se distinguent par la manière dont le chirurgien atteint le tissu1.
  • Selon une revue Cochrane de 13 essais randomisés, la LASIK donne une récupération plus rapide et moins de douleur que la PRK, tandis qu’à un an les résultats sont similaires2.
  • La SMILE obtient des résultats visuels comparables à ceux de la LASIK et, surtout la première année, provoque moins de symptômes de sécheresse oculaire5,1.
  • La PRK présente un risque plus faible d’ectasie, l’affaiblissement de la cornée, et est préférable à la LASIK chez les personnes qui souffrent déjà de sécheresse oculaire1.
  • Il n’existe pas de technique qui convienne à tous : le choix dépend de la cornée, de l’importance du défaut et de la santé de l’œil1,3.
Dans cet article
  1. Trois techniques, un seul objectif : remodeler la cornée
  2. LASIK ou PRK : ce que disent les revues Cochrane
  3. SMILE ou LASIK : des résultats proches, une surface de l’œil différente
  4. Qui peut se faire opérer au laser et qui ne le peut pas
  5. Récupération, douleur et sécheresse oculaire : à quoi s’attendre
  6. Questions fréquentes
  7. Sources

Trois techniques, un seul objectif : remodeler la cornée

Dans la PRK (photokératectomie réfractive), le chirurgien retire l’épithélium, la couche la plus superficielle de la cornée, et un laser excimer remodèle la surface sous-jacente ; dans les jours suivants, l’épithélium repousse. C’est la technique la plus ancienne, celle qui, selon l’ESCRS, a ouvert la voie en matière d’efficacité, de prévisibilité et de sécurité1. Dans l’une de ses variantes, la PRK transépithéliale, c’est le laser lui-même qui enlève l’épithélium3.

Dans la LASIK, on crée un fin volet de cornée (en anglais flap), on le soulève comme la page d’un livre, le laser remodèle le tissu sous-jacent et le volet est remis en place. Aujourd’hui, le volet est préparé le plus souvent avec un laser femtoseconde, que l’ESCRS recommande parce qu’il est associé à moins de complications pendant l’intervention1.

Dans la SMILE (small incision lenticule extraction), un laser femtoseconde découpe à l’intérieur de la cornée un petit disque de tissu, la lenticule, que le chirurgien extrait par une petite incision : pas de volet, pas d’épithélium à retirer. L’ESCRS l’indique surtout pour la myopie, avec ou sans astigmatisme1.

Le tableau résume les principales différences issues des études et des recommandations européennes1,2,8.

PRKLASIKSMILE
Accès au tissuOn retire l’épithéliumOn soulève un voletOn extrait une lenticule par une petite incision
Récupération de la vuePlus lenteRapideRapide, un peu plus lente que la LASIK dans certaines études
Points fortsMoins d’ectasie que la LASIKLa plus pratiquée, récupération rapidePas de volet, moins de sécheresse oculaire la première année
LimitesPlus de douleur les premiers joursComplications du volet, plus de sécheresse oculaireIndiquée surtout pour la myopie

LASIK ou PRK : ce que disent les revues Cochrane

L’étude

LASIK contre PRK : la revue Cochrane

La revue, mise à jour en 2013, a réuni 13 essais randomisés portant sur 1 135 participants et 1 923 yeux. La LASIK a donné une récupération de la vue plus rapide et s’est révélée moins douloureuse ; à un an, les résultats étaient comparables, la plupart des analyses allant dans le sens de la LASIK mais sans différences statistiquement significatives. Les auteurs jugent la qualité des preuves faible et demandent de nouvelles études avec les techniques actuelles, afin de savoir si la LASIK et la PRK, telles qu’on les pratique aujourd’hui, sont également sûres2.

Une méta-analyse de 2026, portant sur 17 études et 5 686 yeux, a comparé la PRK transépithéliale avec la LASIK et la SMILE. Elle n’a pas trouvé de différences significatives d’efficacité et de prévisibilité du résultat ; la LASIK a montré un avantage de sécurité dans certains sous-groupes, comme la myopie légère ou modérée. Pour les auteurs, le choix doit se faire en fonction des caractéristiques de la personne, du risque de complications et de l’expérience du chirurgien3.

Pour la LASIK, il existe aussi un instantané des résultats modernes. Une revue de 97 articles publiés entre 2008 et 2015, portant sur 67 893 yeux, a trouvé que 99,5 % voyaient de loin, sans correction, mieux que 5/10, et que 0,61 % perdaient deux lignes d’acuité visuelle ou plus avec la correction, un indicateur de sécurité4. Ces chiffres donnent un ordre de grandeur, pas une comparaison entre techniques.

SMILE ou LASIK : des résultats proches, une surface de l’œil différente

Une méta-analyse de 12 études (3 randomisées et 9 observationnelles) portant sur 1 076 yeux n’a pas trouvé de différences dans les résultats visuels entre SMILE et LASIK avec laser femtoseconde ; ceux qui avaient eu la LASIK, cependant, signalaient à six mois plus de symptômes de sécheresse oculaire et avaient une cornée moins sensible. La qualité des preuves était faible ou très faible5.

Dans la myopie forte, une autre méta-analyse de 12 études (766 personnes, 1 400 yeux) a trouvé des résultats similaires pour la vue sans correction, avec moins d’aberrations, de petites imperfections optiques, après la SMILE ; reste à savoir si cela se traduit par une meilleure qualité visuelle6. Dans l’astigmatisme important, les deux techniques donnent en général des résultats équivalents, tandis que dans l’astigmatisme léger ou modéré, la SMILE a tendance à corriger un peu moins que prévu9.

Selon une méta-analyse de 22 études, la résistance biomécanique de la cornée se conserve mieux après la SMILE qu’après la LASIK, et de manière similaire à la PRK7. Une revue de 2025 résume ainsi le tableau : la SMILE n’a pas de complications liées au volet, la LASIK offre une récupération visuelle plus rapide, et les versions personnalisées de la LASIK dépassent la SMILE sur certains indicateurs de la vue8. Pour l’ESCRS, l’avantage de la SMILE sur la sécheresse oculaire se voit surtout la première année ; ensuite, les différences ne sont plus significatives1.

Qui peut se faire opérer au laser et qui ne le peut pas

Avant la technique, c’est l’œil qui compte. Les recommandations de l’ESCRS demandent un défaut stable, ayant changé de moins d’une demi-dioptrie en un an, et considèrent un âge inférieur à 18 ans comme une contre-indication relative1. Sont des contre-indications absolues le kératocône et toute maladie de la cornée qui s’aggrave, même débutante, ainsi que la grossesse ; l’intervention doit aussi être évitée pendant l’allaitement. Une cornée plus fine que 500 microns, une sécheresse oculaire non contrôlée, les kératites herpétiques, l’uvéite et les maladies générales non contrôlées sont d’autres raisons de s’arrêter ou d’évaluer avec plus de prudence1. Nous en parlons dans l’article sur les risques du laser et dans celui sur le kératocône.

L’importance du défaut oriente elle aussi le choix : pour l’ESCRS, la LASIK et la SMILE peuvent être envisagées pour une myopie inférieure à 8 dioptries, au-delà de laquelle on préfère en général les lentilles implantées à l’intérieur de l’œil1. Avant l’intervention, la consultation comprend, entre autres, la cartographie de la cornée (topographie ou tomographie), la mesure de son épaisseur (pachymétrie) et l’étude du film lacrymal ; le consentement éclairé doit être recueilli par un ophtalmologiste, en laissant un délai de réflexion1.

Récupération, douleur et sécheresse oculaire : à quoi s’attendre

Avec la PRK, l’épithélium doit repousser, et la revue Cochrane confirme une récupération plus lente et davantage de douleur qu’avec la LASIK2. Avec la LASIK et la SMILE, la récupération est plus rapide, avec un léger avantage pour la LASIK dans certaines études8.

La sécheresse oculaire est le trouble le plus fréquent dans les mois qui suivent, et elle pèse davantage après la LASIK5. Pour l’ESCRS, la douleur, le gonflement de la cornée, la sécheresse et la vue qui fluctue après l’intervention sont des symptômes transitoires, et ne deviennent des complications que s’ils durent plus de trois mois1. Les causes et les remèdes sont dans l’article sur la sécheresse oculaire.

Quand en parler à l’ophtalmologiste

  • Si vous pensez au laser : l’évaluation complète de la cornée et du film lacrymal passe avant le choix de la technique1.
  • Si vos lunettes ont changé au cours de la dernière année, si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, si vous souffrez de sécheresse oculaire : ce sont des informations à donner tout de suite à l’ophtalmologiste1.
  • Après l’intervention, une douleur qui augmente au lieu de diminuer, un œil de plus en plus rouge ou une vue qui baisse doivent être signalés le jour même : vous trouverez les autres signaux dans l’article sur les risques du laser.

Questions fréquentes

Vaut-il mieux la LASIK ou la PRK ?

Cela dépend de la personne plus que de la technique. La LASIK donne une récupération plus rapide et moins de douleur, mais à un an les résultats sont similaires2 ; la PRK a un risque d’ectasie plus faible et est préférée chez les personnes qui ont déjà une sécheresse oculaire1.

La SMILE est-elle plus sûre que la LASIK ?

Les études ne montrent pas de différences dans la perte de lignes d’acuité visuelle5. La SMILE n’a pas de complications liées au volet8, mais des cas d’ectasie ont aussi été décrits après la SMILE, et les recommandations européennes invitent à la prudence1.

À quel âge peut-on se faire opérer des yeux au laser ?

Pour l’ESCRS, un âge inférieur à 18 ans est une contre-indication relative, le défaut doit être stable depuis au moins un an, et dans les premières années de l’âge adulte une attention particulière est nécessaire1.

Le laser corrige-t-il aussi l’astigmatisme et l’hypermétropie ?

Oui, dans certaines limites : la PRK, la LASIK et l’extraction de lenticule peuvent corriger l’astigmatisme et une hypermétropie légère ou modérée, tandis que la SMILE est surtout utilisée dans la myopie1,9.

La LASIK, la PRK et la SMILE ne sont pas les marches d’un escalier où la dernière arrivée dépasse les autres : ce sont des chemins différents vers le même résultat, avec des avantages et des inconvénients désormais bien documentés2,5. La question à apporter à la consultation n’est pas de savoir quelle est la technique la plus moderne, mais laquelle convient à votre cornée.

Sources

  1. European Society of Cataract and Refractive Surgeons (ESCRS). ESCRS Recommendations for Refractive Surgery. escrs.org
  2. Shortt AJ, Allan BD, Evans JR. Laser-assisted in-situ keratomileusis (LASIK) versus photorefractive keratectomy (PRK) for myopia. Cochrane Database Syst Rev. 2013;2013(1):CD005135. doi:10.1002/14651858.CD005135.pub3 · PubMed 23440799 · PMC
  3. Serfözö A, Abu Dail Y, Munteanu C, Hoxha Z, Seitz B, Daas L. The efficacy, safety and predictability in transepithelial photorefractive keratectomy versus LASIK/SMILE: A meta-analysis. Eur J Ophthalmol. 2026;36(4):837-855. doi:10.1177/11206721261425379 · PubMed 41734035
  4. Sandoval HP, Donnenfeld ED, Kohnen T, Lindstrom RL, Potvin R, Tremblay DM, et al. Modern laser in situ keratomileusis outcomes. J Cataract Refract Surg. 2016;42(8):1224-34. doi:10.1016/j.jcrs.2016.07.012 · PubMed 27531300
  5. Shen Z, Shi K, Yu Y, Yu X, Lin Y, Yao K. Small Incision Lenticule Extraction (SMILE) versus Femtosecond Laser-Assisted In Situ Keratomileusis (FS-LASIK) for Myopia: A Systematic Review and Meta-Analysis. PLoS One. 2016;11(7):e0158176. doi:10.1371/journal.pone.0158176 · PubMed 27367803 · PMC
  6. Fu Y, Yin Y, Wu X, Li Y, Xiang A, Lu Y, et al. Clinical outcomes after small-incision lenticule extraction versus femtosecond laser-assisted LASIK for high myopia: A meta-analysis. PLoS One. 2021;16(2):e0242059. doi:10.1371/journal.pone.0242059 · PubMed 33556075 · PMC
  7. Guo H, Hosseini-Moghaddam SM, Hodge W. Corneal biomechanical properties after SMILE versus FLEX, LASIK, LASEK, or PRK: a systematic review and meta-analysis. BMC Ophthalmol. 2019;19(1):167. doi:10.1186/s12886-019-1165-3 · PubMed 31370817 · PMC
  8. Ahluwalia A, Manche EE. Comparing femtosecond LASIK and small-incision lenticule extraction (SMILE). Curr Opin Ophthalmol. 2025;36(4):276-281. doi:10.1097/ICU.0000000000001145 · PubMed 40279261
  9. Song J, Cao H, Chen X, Zhao X, Zhang J, Wu G, et al. Small Incision Lenticule Extraction (SMILE) Versus Laser Assisted Stromal In Situ Keratomileusis (LASIK) for Astigmatism Corrections: A Systematic Review and Meta-analysis. Am J Ophthalmol. 2023;247:181-199. doi:10.1016/j.ajo.2022.11.013 · PubMed 36410469

Les titres des études sont donnés dans leur langue de publication d’origine. Les numéros de renvoi dans le texte correspondent à ces sources ; les données bibliographiques proviennent de PubMed (National Library of Medicine).

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